Un après-midi frisquet, quelques commissions à faire avec sa petite sœur, Penny s'ennuyait. Rien n'aurait pu la dérider, il faisait froid, il n'y avait rien à faire, sauf des travaux. Bouh.
Quelqu'un a sûrement entendu l'appel de Penny de loin et a mis sur sa route cette journée-là Ginette.
Soeur de Penny: Hey Penny, je dois m'acheter du shampooing, du liquide à vaisselle et
(insérez ici d'autres choses peu intéressantes qu'on achète toujours lors d'après-midi frisquets)...
Penny: Bon, justement, on passe devant un magasin à grande surface connu, pourquoi ne pas s'y arrêter!
Arrivées, Penny et sa sœur se mettent à se promener, ah oui c'est vrai j'avais besoin de crème à raser au melon aussi!
Rendues à la caisse, Penny se rends compte que le bouchon de sa mousse est
peté. Comme c'était la dernière
cacanne au melon d'eau, elle demande à la caissière Ginette s'il y en a une autre de disponible.
Ginette regarde Penny avec un air incrédule.
Elle ne comprends pas.
Penny: Oui, vous savez, le bouchon est brisé, j'aurais aimé en avoir un intact.
Ginette: Bin woueyons don ma p'tite fille, la
cacanne marche tu?
Penny: ... Mais le bouchon est brisé...
Ginette empoigne donc la cacanne de ses gros doigts boudinées, et commence à appuyer avec l'énergie d'une démente. La crème à raser
spouche partout sur ses mains et une minuscule goutte atterrit sur son uniforme synthétique.
Ginette: Oups, j'en ai reçu sur moi!
Oubliant la tonne de crème sur ses mains, Ginette tente d'essuyer son polo. On se doute bien qu'elle n'a fait qu'étaler tout ça comme sur un gros gâteau. De plus, en frottant, la crème à raser prends de l'expansion. Quelques secondes plus tard, il y en avait partout. Elle relève le menton, se gratte la tête, elle en a
vraiment partout.
Ginette (engueulant la crème): Voueyons toué!! Enlève toué don!
Pendant que Ginette se débattait avec son
crèmage, on se retenait pour ne pas éclater de rire comme deux petites filles qui crachent sur les autos passant sous un pont (manoeuvre dangereuse car lors un beau jour d'été au milieu des années 90, un
osti de gros colon sale chauffeur de truck est sorti de son truck bouetté et nous a craché dessus pour se venger. Come on. On crache pas sur des p'tites filles de 6 et 8 ans là. C'est probablement ça qui a traumatisé mon enfance, ou qui a enlevé toute ma compassion envers l'être humain. C'est de ta faute sale trucker si je ne donne jamais mon précieux sang O-)
Alors que je réfléchissais à tout ça, je regardais Ginette et je riais intérieurement. Les personnes foncièrement
gentilles hypocrites diront que c'est pas bien de rire des gens.
Je donne le droit aux gens de rire de moi lorsque je me plante dans les marches à l'Uni avec mon déjeuner deux-oeufs-bacon-pain-brun-café-corsé-siouplait et que je m'étale de tout mon long dans le seul but de sauver mon déjeuner, fuck les bleus.
Bin si Ginette m'avait vu ce jour-là, ça m'aurait fait plaisir qu'elle se foute de ma gueule.
Pis en passant, j'ai pas perdu une seule goutte de mon café.